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la première enquête ethnobotanique sur les plantes médicinales à usage
antiparasitaire chez l'humain et les animaux dans la wilaya de Laghouat et en Algérie, et a
pour but d’inventorier et de collecter un maximum d’informations sur ces plantes et leurs
utilisations traditionnelles auprès des habitants locaux. Elle nous a également permis
d’estimer la fréquence d’usage des plantes médicinales. Selon les résultats de l'enquête, il
existe une grande variété de plantes médicinales utilisées dans la région pour traiter les
maladies parasitaires chez l’homme et l’animal.
L'analyse des résultats a permis de recenser 91 espèces médicinales réparties en 79 genres
et 37 familles, avec une prédominance notable de trois familles : Lamiaceae avec 14 espèces,
soit 15,38 %, Apiaceae (13 espèces, soit 14,28 %) et Asteraceae (7 espèces, soit 7,69 %). De
plus, les espèces les plus utilisées dans notre région sont : Artemisia herba-alba Asso
(RFC = 1), Allium sativum L. (RFC = 0,708), Nicotiana tabacum L. (RFC = 0,34), Artemisia
campestris L. (RFC = 0,286), Lavandula officinalis L. (RFC = 0,178), Haloxylon scoparium
Pomel et Retama raetam (Forssk.) Webb. (RFC = 0,11 chacune), Peganum harmala L. et
Atriplex halimus L. (RFC = 0,1 chacune). L’analyse a révélé que la feuille était la partie de la
plante la plus fréquemment employée (PPV = 0,531) pour préparer les remèdes traditionnels
sous forme d’infusion (46,2 %). La plupart de ces remèdes sont prescrits par voie orale (60,6
%). Ainsi, les affections les plus fréquentes étaient celles du tube digestif et de ses annexes,
notamment les affections/parasites (ICF = 0,940).
Les valeurs d’ICF, de FL et de RFC des plantes médicinales documentées, qui sont les
plus élevées, permettent d'effectuer des recherches en pharmacologie et en phytochimie. Ces
recherches fournissent des informations précieuses pour l'identification des principes actifs et
la validation de l'utilisation traditionnelle des plantes, dans le but de créer des médicaments
bio efficaces et non toxiques pour les populations humaines et animales. De plus, il est
important d'envisager les complémentarités possibles entre la médecine traditionnelle et la
médecine moderne afin de traiter les maladies parasitaires résistantes.
Grâce à la collecte et à l'analyse des informations recueillies, cela a permis de traduire le
savoir-faire populaire oral de la région de Laghouat en savoir scientifique écrit. Il est essentiel
de préserver et de documenter ces connaissances phytothérapeutiques indigènes pour garantir
la continuité et la transmission de la médecine traditionnelle d’une génération à l’autre.
Notre enquête a été considérée comme une première étape vers l'achèvement de la
recherche et l’évaluation de l'efficacité réelle des plantes mentionnées. À travers cette
expérience et les résultats obtenus, nous suggérons quelques recommandations et perspectives : La présente étude pourrait conduire au développement de nouvelles molécules
antiparasitaires actives chez l'homme et l'animal ;
- Il est important d'effectuer des recherches ethnobotaniques dans toutes les wilayas afin de
constituer une base de données exhaustive sur les plantes médicinales de notre pays ;
- Il est essentiel de garantir la commercialisation, la préservation et l’exploitation rationnelle
des plantes médicinales, ainsi que de préserver leurs habitats ;
- Afin de protéger les plantes médicinales menacées d'extinction, la lutte contre le surpâturage
peut être renforcée en appliquant la technique du non-labour dans les zones pastorales et en
encourageant les pépinières gouvernementales spécialisées à produire ces plantes et à les
distribuer aux associations de protection de l'environnement pour les cultiver ;
- Il faudrait mettre en valeur ce savoir oral de la population de Laghouat, car il fait partie du
patrimoine culturel algérien.
Dans la présente étude, nous avons examiné l’évaluation de l’efficacité acaricide de
l’huile de goudron végétal et des huiles essentielles de Juniperus phoenicea L. (baies),
d’Eucalyptus camaldulensis Dehn (feuilles), de Salvia jordanii (feuilles), de Thymus guyonii
de Noé (feuilles), d’Artemisia herba alba Asso (feuilles) et de Juniperus phoenicea L.
(feuilles), provenant de la région de Laghouat, par contact direct contre les tiques
Rhipicephalus sanguineus s.l. in vitro. Les concentrations létales 50, obtenues par l’huile de
goudron végétal et par les huiles essentielles de Juniperus phoenicea L. (baies), d’Eucalyptus
camaldulensis Dehn (feuilles), de Salvia jordanii (feuilles), de Thymus guyonii de Noé
(feuilles), d’Artemisia herba alba Asso (feuilles) et de Juniperus phoenicea L. (feuilles), sont
estimées respectivement à 9,14 mg/ml, 9,42 mg/ml, 9,79 mg/ml, 14,12 mg/ml, 14,79 mg/ml,
15,17 mg/ml, 17,34 mg/ml après 24 heures d’exposition. Quant aux concentrations létales 90
de ces huiles après 24 heures, elles sont de l’ordre de 35,48 mg/ml pour l’huile de goudron
végétal, de 36,9 mg/ml pour l’huile de Juniperus phoenicea L. (baies), de 48,19 mg/ml pour
Eucalyptus camaldulensis Dehn (feuilles), de 71,78 mg/ml pour Salvia jordanii (feuilles), de
44,36 mg/ml pour l’huile de Thymus guyonii de Noé (feuilles), de 96,38 mg/ml pour l’huile
d’Artemisia herba alba Asso (feuilles) et de 234,42 mg/ml pour l’huile de Juniperus
phoenicea L. (feuilles). Les mâles sont plus sensibles que les femelles à ces huiles.
Les résultats obtenus ont indiqué que toutes les huiles testées présentaient un effet
acaricide. Cet effet se manifeste par des taux de mortalité des tiques qui augmentent avec
l'augmentation des concentrations et qui sont également liés au temps d'exposition.
De manière générale, la majorité des composants principaux des huiles essentielles
utilisées dans notre étude (Camphor, Eucalyptol (1,8-cinéole), 𝛼-Phellandrene, 𝛽- Phellandrène, p-Cymène, 𝛼-Pinène, 𝛼- Terpinéol, 𝛾-Terpinène, Carvacrol et Thymol) ont été
reconnus comme des agents acaricides majeurs à l'échelle mondiale. Ainsi, l’efficacité
acaricide de l’huile de Goudron (Gatrane) est due à la présence d'éléments principaux comme
le Benzène, le Phénol, le Naphtalène, le Cédrène, le Carosol, le Ferruginol et l’Eugano.
Il ressort de nos résultats que ces huiles extraites des plantes médicinales aromatiques et
leurs composants principaux pourraient fournir une véritable alternative respectueuse de
l'environnement aux produits acaricides chimiques actuels, notamment contre les tiques
femelles résistantes.
A travers ces expériences, nous pouvons conclure que l’huile essentielle des baies de J.
phoenicea L., qui présente une excellente toxicité et un rendement très élevé, se trouve en
grande abondance dans tout le pays et doit être exploitée en tant que biopesticide.
Les conclusions issues de cette recherche ouvrent de nombreuses perspectives, que l'on
résume dans ce qui suit :
- Il est nécessaire de tester ces huiles sur le terrain afin de déterminer leur efficacité dans des
conditions réelles et leurs éventuels effets secondaires sur l'hôte et les organismes non ciblés ;
- L’évaluation de l’efficacité des autres plantes médicinales contre les tiques ;
- L’évaluation de l’efficacité de ces huiles contre d’autres ectoparasites comme les poux ;
- Il est important de tester l’huile de goudron in vitro et in vivo contre d’autres parasites ;
- Jusqu'à présent, de nombreuses espèces n'ont pas été étudiées. Les scientifiques sont invités
à analyser leurs activités biologiques.
- Approfondir l'analyse d'efficacité thérapeutique des plantes médicinales et déterminer de
nouvelles substances bioactives naturelles pour traiter les maladies parasitaires, ces substances
naturelles peuvent être un alternatif des médicaments synthétiques. |
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Contexte : depuis les temps anciens, les habitants de la wilaya de Laghouat ont traité leurs
maladies et celles de leurs animaux en utilisant des traitements à base de plantes médicinales.
Les études ethnobotaniques dans notre région portant sur l’usage traditionnel des plantes
médicinales contre les parasites sont également très rares.
Objectif : cette étude ethnobotanique a été menée du 1er avril 2021 jusqu’au 30 juillet 2023
dans la wilaya de Laghouat (sud algérien), dans le but d'inventorier et de recenser les plantes
médicinales à usage antiparasitaire. Face au développement de résistances parasitaires aux
traitements médicaux, les données recueillies lors de cette enquête ont permis d'évaluer
l'activité acaricide des huiles essentielles issues de plantes médicinales locales.
Matériel et méthodes : Cette étude ethnobotanique, réalisée du 1er avril 2021 au 30 juillet
2023 dans la région de Laghouat (Sud-est de l’Algérie), a porté sur 500 informateurs (240
citoyens, 120 éleveurs, 97 herboristes, 43 tradipraticiens) lors d'entretiens semi-structurés.
Toutes les données collectées ont été analysées à l'aide de cinq indices ethnobotaniques : la
valeur d’importance familiale (FIV), la fréquence relative de citation (RFC), le niveau de
fidélité (FL), le facteur de consensus des informateurs (ICF) et la valeur d'utilisation d’une
partie de la plante (PPV). De plus, le pouvoir acaricide de sept huiles essentielles de plantes
médicinales locales a été testé sur Rhipicephalus sanguineus s.l. par une méthode de contact
direct face à une résistance croissante des parasites aux traitements classiques.
Résultats : L’analyse de l’enquête a permis de recenser 91 espèces médicinales réparties en
79 genres et 37 familles, avec une prédominance notable de trois familles : Lamiaceae avec
14 espèces, Apiaceae (13 espèces) et Asteraceae (7 espèces). Les espèces les plus utilisées
dans notre région sont : Artemisia herba-alba Asso (RFC = 1), Allium sativum L. (RFC =
0,708), Nicotiana tabacum L. (RFC = 0,34), Artemisia campestris L. (RFC = 0,286). La
feuille était la partie de la plante la plus fréquemment utilisée (PPV = 0,531) pour préparer
des remèdes traditionnels sous forme d’infusion (46,2 %). Ces remèdes sont prescrits par voie
orale (60,6%) pour traiter les affections ou parasites du tube digestif et ses annexes (ICF =
0,940). Le rendement d’extraction des huiles essentielles de Juniperus phoenicea L. (baies),
d’Eucalyptus camaldulensis Dehnh. (feuilles), de Salvia jordanii (feuilles), de Thymus
guyonii de Noé (feuilles), d’Artemisia herba-alba Asso (feuilles), de Juniperus phoenicea L.
(feuilles) sont de 2,94 %, 1,13 %, 1,58 %, 1,85 %, 1,27 %, 0,57 %, respectivement. Les concentrations létales 50 (DL50) obtenues à partir de l’huile de goudron végétal et des huiles
essentielles de Juniperus phoenicea L. (baies), d’Eucalyptus camaldulensis Dehnh. (feuilles),
de Salvia jordanii (feuilles), de Thymus guyonii de Noé (feuilles), d’Artemisia herba-alba
Asso (feuilles), de Juniperus phoenicea L. (feuilles) sont estimées respectivement à 9,14
mg/ml, 9,42 mg/ml, 9,79 mg/ml, 14,12 mg/ml, 14,79 mg/ml, 15,17 mg/ml, 17,34 mg/ml,
après 24 heures d’exposition.
De manière générale, la majorité des composants principaux des huiles essentielles utilisées
dans notre étude (Camphre, Eucalyptol (1,8-cinéole), 𝛼-Phellandrène, 𝛽-Phellandrène, p-
Cymène, 𝛼-Pinène, 𝛼-Terpéneol, 𝛾-Terpinène, Carvacrol et le Thymol) ont été reconnus
comme des agents acaricides majeurs à l'échelle mondiale. De plus, l’efficacité acaricide de
l’huile de Goudron (Gatrane) est due à la présence d'éléments principaux comme le Benzène,
le Phénol, le Naphtalène, le Cédne, le Carosol, le Ferruginol et l’Euganol.
Conclusion : L’analyse des informations recueillies lors de l’enquête ethnobotanique a
permis de transformer le savoir-faire populaire oral de la région de Laghouat en connaissances
scientifiques écrites. La préservation et la documentation de ces informations indigènes sont
indispensables pour assurer la continuité et la transmission de la médecine traditionnelle
d’une génération à l’autre. Nos résultats, portant sur l’évaluation de l’effet acaricide des huiles
des plantes médicinales locales et de leurs composants principaux, pourraient offrir une
alternative respectueuse de l'environnement aux produits acaricides chimiques actuels,
notamment contre les tiques femelles résistantes. |
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