Abstract:
L'augmentation continue de la production de déchets en Algérie, liée à la croissance démographique et
à l'évolution des modes de consommation, impose une transition vers l'économie circulaire. Ce mémoire
analyse la réalité de la gestion des déchets ménagers et assimilés (DMA) dans la ville de M’sila. L'étude
évalue le fonctionnement du Centre d’Enfouissement Technique (CET), les circuits de collecte et les
initiatives de valorisation. Les résultats soulignent un manque de tri à la source et une faible implication
du secteur privé, malgré les orientations de la Stratégie Nationale de Gestion Intégrée des Déchets à
l'horizon 2035 (SNGID 2035). Des recommandations sont proposées pour optimiser la valorisation
territoriale et réduire l'impact environnemental.
Description:
recherche a permis de décrypter les mécanismes de gestion des déchets
solides urbains au sein du territoire de M’sila, tout en explorant les pistes d'une transition vers
un modèle de valorisation durable. Au terme de cette analyse, il apparaît que la ville de M’sila
traverse une phase charnière où la croissance démographique et l'extension urbaine imposent
une refonte profonde du métabolisme urbain. L’objectif central de notre étude était de démontrer
que le déchet, longtemps considéré comme une simple nuisance à évacuer, constitue en réalité
une ressource territoriale inexploitée capable de dynamiser l'économie locale.
Le diagnostic opérationnel réalisé confirme, en premier lieu, notre Hypothèse 01. Les
dysfonctionnements majeurs observés sur le terrain résultent d'une approche de gestion
exclusivement hygiéniste et technique, centrée sur la propreté immédiate au détriment d'une
vision territoriale à long terme. Cette gestion est marquée par un cloisonnement institutionnel
où la coordination entre la commune (APC), l'entreprise de gestion du Centre d’Enfouissement
Technique (CET) et la société civile demeure embryonnaire. Ce manque de synergie entre les
acteurs fragmente l’espace urbain en zones de gestion inégales, empêchant la mise en œuvre
d'une chaîne technique cohérente et optimisée.
Dans le prolongement de ce constat, notre recherche valide également l’Hypothèse 02. Le taux
de recyclage dérisoire de 1,43 % enregistré en 2022 constitue la preuve statistique qu’en
l'absence de tri sélectif à la source et d'infrastructures de valorisation intermédiaire, le système
actuel demeure prisonnier d'un modèle linéaire. Malgré un gisement composé à 47 % de
matières organiques, la quasi-totalité de cette richesse potentielle finit par être enfouie au site
de Mouilaha, provoquant une saturation prématurée des infrastructures et un gaspillage
économique flagrant. L’absence de centres de regroupement normalisés et d'unités de
transformation condamne ainsi le territoire à subir le poids environnemental de ses déchets au
lieu d'en capter la valeur ajoutée.
À cet égard, les solutions prospectives développées dans notre étude viennent confirmer
l’Hypothèse 03, selon laquelle seule une stratégie intégrée peut garantir la durabilité du cadre
de vie à M’sila. En s'appuyant sur un partenariat public-privé (PPP) dynamique pour le recyclage
des filières sèches et sur un engagement citoyen actif dans le tri à domicile, la ville pourrait voir
émerger une véritable « économie verte » de proximité.
Cette approche territoriale permettrait non seulement de créer des emplois locaux non
délocalisables, mais aussi de fournir à l’agriculture environnante un amendement organique de
qualité issu du compostage, renforçant ainsi la résilience du système steppique.
la gestion durable des déchets à M’sila ne doit plus être perçue comme une simple prestation
technique, mais comme un levier structurel de l’aménagement du territoire. Cela exige une
volonté politique forte pour inscrire ces enjeux au cœur des documents d’urbanisme, tels que le
PDAU et les POS. Bien que cette étude apporte des réponses concrètes, elle ouvre également
des perspectives prometteuses vers la modernisation technologique, notamment à travers l'étude
de la valorisation énergétique du biogaz et l'introduction d'outils numériques pour une gestion
urbaine « intelligente ». C’est à cette condition que M’sila pourra transformer ses défis
environnementaux en opportunités de développement durable pour les générations futures