الخلاصة:
Cette étude a été menée dans deux exploitations périurbaines de Djelfa (Ezzaina et Rous Layoun) afin
d’analyser les interactions entre les propriétés du sol, la flore spontanée, les champignons mycorhiziens
arbusculaires (CMA), l’activité biologique et le contexte paysager en milieu semi-aride. Les résultats
montrent des dynamiques contrastées entre les deux sites. À Ezzaina, malgré des contraintes édaphiques
marquées, une forte activité biologique a été observée au printemps, avec une augmentation de la glomaline,
de l’activité enzymatique et de la colonisation mycorhizienne, associée à une flore fortement mycorhizogène.
Ce fonctionnement s’inscrit dans un paysage hétérogène structuré autour de l’Oued Mellah, favorisant les
interactions écologiques. À Rous Layoun, le paysage plus ouvert et homogène est associé à une activité
biologique plus faible et plus stable, avec une production de glomaline peu variable et une stratégie fongique
orientée vers le stockage. L’analyse par Random Forest met en évidence l’importance de la structure de la végétation, de la saison et du phosphore dans la régulation de la glomaline. Ces résultats soulignent le rôle central des interactions plante–sol–microorganismes et de la diversité paysagère dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes semi-arides.
الوصف:
L’analyse comparative de deux fermes périurbaines localisées de part et d’autre de la commune de
Djelfa, au nord (Ezzaina) et au sud (Rous Layoun), et présentant un lien écologique commun avec
l’Oued Mellah, a permis de mieux appréhender les relations entre les caractéristiques édaphiques,
la diversité floristique, les communautés autochtones de CMA et le fonctionnement biologique des
sols dans un contexte semi-aride. L’approche intégrée adoptée, combinant analyses édaphiques,
caractérisation de la biodiversité végétale et fongique, mesure d’indicateurs biologiques et
modélisation prédictive, a mis en évidence la complexité des mécanismes qui régissent le
fonctionnement écologique des sols dans ces environnements contraignants.
Les résultats obtenus révèlent que les caractéristiques physico-chimiques du sol, bien
qu'importantes, ne suffisent pas à elles seules à expliquer les niveaux d’activité biologique observés.
Le site d’Ezzaina, malgré des conditions édaphiques défavorables marquées par une texture
sableuse, une faible teneur en matière organique et un pH fortement alcalin, a présenté la dynamique
biologique la plus intense au printemps. Cette réponse se traduit notamment par une augmentation
significative de la glomaline, une activité microbienne accrue et une forte colonisation
mycorhizienne. À l’inverse, le site de Rous Layoun, pourtant caractérisé par un sol a priori plus
favorable, a montré une activité biologique plus stable et moins réactive aux variations saisonnières.
L’étude souligne également le rôle central joué par la végétation spontanée dans la régulation des
processus biologiques du sol. Les analyses de diversité et la modélisation par Random Forest ont
montré que l’abondance floristique, la structure des communautés végétales et la saison constituent
les principaux facteurs expliquant les variations de la concentration en glomaline. Ces résultats
confirment que le fonctionnement des symbioses mycorhiziennes dépend davantage de la
composition fonctionnelle du couvert végétal que de la seule richesse spécifique.
Par ailleurs, les différences observées entre les deux sites mettent en évidence l’importance du
contexte paysager dans le maintien des processus écologiques. La mosaïque paysagère plus
diversifiée d’Ezzaina, associée à la présence de l’Oued Mellah et à une plus grande hétérogénéité
des habitats, semble favoriser la biodiversité et la résilience des interactions plante-sol-
microorganismes. À l’inverse, l’homogénéité du paysage de Rous Layoun pourrait limiter ces
interactions et réduire la capacité du système à répondre aux contraintes environnementales.
Dans l’ensemble, cette étude souligne la nécessité d’adopter une approche intégrée prenant en
compte simultanément les composantes biologiques, édaphiques et paysagères pour évaluer le
fonctionnement des sols et orienter les stratégies de gestion durable