Abstract:
Cette étude évalue l'activité insecticide des extraits bruts éthanoliques (70 %) et des
nanoparticules d'argent (AgNP) biosynthétisées à partir de deux plantes de la steppe
algérienne — Anabasis articulata (Forssk.) Moq. et Noaea mucronata (Forssk.) Asch. &
Schweinf. (Amaranthacées) — contre Tribolium castaneum (Herbst, 1797) (Coleoptera :
Tenebrionidae), ravageur majeur des stocks céréaliers. L'activité insecticide a été testée selon
trois modalités d'exposition : contact direct, ingestion et fumigation, à quatre concentrations
(100 %, 50 %, 25 % et 12,5 %) et deux temps d'observation (24 h et 48 h).
Les résultats révèlent que l'extrait brut d'A. articulata est le traitement le plus efficace,
induisant une mortalité absolue de 100 % par contact à toutes les concentrations et dès 24 h,
attribuée à ses alcaloïdes nicotiniques (anabasine). L'extrait de N. mucronata présente une
double voie d'action (contact : 66,7–86,7 % ; ingestion : jusqu'à 20 % à 48 h), unique parmi
les traitements testés. Les AgNP de N. mucronata atteignent 100 % de mortalité par contact
à la dose maximale dès 24 h, mais sans relation dose-réponse strictement linéaire (la dose
12,5 % étant plus efficace que la dose 25 %). Les AgNP d'A. articulata montrent une activité
modérée (60–87 %) et dose-indépendante. Une activité fumigante a été détectée pour les
deux espèces, suggérant l'implication de composés terpéniques volatils.
L'étude établit ainsi le potentiel biopesticide de ces deux espèces sahariennes peu valorisées
et ouvre des perspectives pour la protection intégrée des stocks céréaliers algériens.
Description:
ette thèse constitue la première évaluation comparative rigoureuse de l'activité insecticide
d'Anabasis articulata et de Noaea mucronata — deux espèces des zones arides algériennes
— contre Tribolium castaneum, menée simultanément sur des extraits bruts éthanoliques et
des nanoparticules d'argent biosynthétisées. Cinq apports scientifiques majeurs se dégagent
:
• L’extrait brut d’A. articulata est le traitement le plus puissant, avec une mortalité
absolue (100 %) par contact dès 24 h à toutes les concentrations testées, grâce à ses
alcaloïdes nicotiniques (anabasine) agonistes des récepteurs nAChR.
• L’extrait brut de N. mucronata présente une double voie d’action (contact : 66,7 à
86,7 % ; ingestion : jusqu’à 20 %), unique parmi les traitements évalués, ouvrant la
voie à des formulations biopesticides polyvalentes.
• Les AgNP de N. mucronata présentent une activité insecticide importante, atteignant
100 % à la concentration maximale dès 24 h, illustrant le potentiel des
nanobiopesticides verts, bien que la relation dose-réponse ne soit pas parfaitement
linéaire.
• Les AgNP d’A. articulata sont actives par contact (60 à 87 %), bien qu’indépendantes
de la dose, suggérant une saturation rapide des cibles moléculaires à la surface
cuticulaire.
• L’activité fumigante détectée pour les deux espèces implique des composés
terpéniques et alcaloïdiques volatils (α-pinène, limonène, anabasine) actifs dans les
espaces confinés