الخلاصة:
La salinité constitue l’un des principaux stress abiotiques limitant la productivité des céréales en Algérie,
affectant plus de 3,2 millions d’hectares de terres agricoles. Cette étude vise à réaliser une analyse
comparative de l’effet du stress salin (NaCl) sur les indicateurs morphologiques et physiologique du blé dur
(Triticum durum Var. Simeto) et de l’orge (Hordeum vulgare Var. Raihane) au stade précoce de
croissance.Les résultats ont révélé une variabilité significative dans les stratégies de réponse des deux
variétés face au stress salin. L'orge a manifesté une haute capacité adaptative, se traduisant par son aptitude à
germer, le maintien de la stabilité de sa teneur en chlorophylle (0,462 mg/g MF), et l'accumulation de
quantités élevées de proline comme mécanisme d'Osmoprotection, atteignant son maximum sous le
traitement S3 (0,9 mg/g MF). De plus, l'orge a maintenu des taux stables de sucres solubles et de biomasse,
même aux concentrations les plus élevées testées.En revanche, le blé dur a montré une sensibilité marquée à
la forte salinité, se traduisant par une inhibition totale de sa germination sous le traitement S4, accompagnée
d'une altération métabolique sévère marquée par une chute drastique des teneurs en chlorophylle, en proline
et en sucres solubles. Néanmoins, une réponse de type hormésis (stimulation temporaire) a été enregistrée
au niveau des parties aériennes et racinaires sous un stress modéré, agissant comme un mécanisme
compensatoire à court terme.En conclusion, cette étude montre que l'orge (Var. Raihane) adopte une
stratégie d'adaptation progressive grâce à la stabilité de son système physiologique, tandis que la réponse du
blé dur (Var. Simeto) se limite à une stimulation temporaire de la croissance qui finit par être sévèrement
réprimée aux seuils de salinité élevés. Sur la base de ces résultats, l'orge (Var. Raihane) s'impose comme le
choix le plus approprié pour la culture dans les sols affectés par la salinité en Algérie.
الوصف:
La présente étude a permis de mettre en évidence des stratégies de réponse
distinctes entre le blé dur (Triticum durum Desf. Var. Simeto) et l'orge (Hordeum
vulgare L. Var. Raihane) face à un stress salin croissant, à travers l'analyse d'un
ensemble de paramètres morphologiques, physiologiques et biochimiques complétée
par une ACP.
Les résultats de l'analyse de la variance montrent que la salinité (NaCl)
constitue le facteur le plus influent sur l'ensemble des paramètres étudiés, traduisant
l'effet direct de la pression osmotique et de la toxicité ionique résultant de
l'accumulation des ions sodium et chlorure sur la croissance des plantes et leurs
fonctions vitales. Le facteur variétal révèle quant à lui des différences nettes entre les
deux espèces, l'orge Var. Raihane montrant une capacité plus marquée à préserver sa
croissance et ses performances physiologiques sous contrainte saline
comparativement au blé dur Var. Simeto.
L'analyse de l'interaction Salinité/Variété met en évidence une nette
divergence dans le mode de réponse des deux céréales. Le blé dur Var. Simeto
présente une réponse stimulatrice aux niveaux de salinité modérés, se traduisant par
une amélioration de certains indicateurs de croissance et de biomasse par rapport au
témoin une réponse connue sous le nom de phénomène d'hormesis. Cette réponse
reste cependant temporaire, suivie d'une phase de régression sévère à la concentration
saline la plus élevée, atteignant pour certains paramètres des niveaux proches de
l'effondrement fonctionnel.
L'orge Var. Raihane, de son côté, montre également une capacité à tirer parti
des niveaux de salinité modérés, enregistrant de meilleures performances aux
concentrations de 4 et 8 g/L comparativement au témoin pour plusieurs indicateurs
étudiés, ce qui témoigne de l'efficacité de ses mécanismes d'adaptation. À la
concentration la plus élevée (12 g/L), l'effet de la salinité devient plus visible à travers
la baisse de certains paramètres ; toutefois, ce recul demeure moins prononcé que
celui observé chez le blé, traduisant une meilleure capacité à tolérer le stress salinté L'analyse en composantes principales confirme ces résultats : la distribution
des traitements révèle une gradation nette de la réponse de l'orge aux différents
niveaux de salinité, celle-ci conservant une part appréciable de ses performances
physiologiques même aux concentrations élevées. Le blé, en revanche, se caractérise
par une transition plus abrupte entre les niveaux de stress, particulièrement à la
concentration saline la plus élevée, traduisant une sensibilité plus marquée à la forte
salinité.
Les résultats morphologiques concordent avec les données biochimiques :
l'orge a montré une meilleure capacité à préserver sa teneur en chlorophylle et à
activer ses mécanismes d'ajustement osmotique par l'accumulation de proline et de
sucres solubles, des composés contribuant à la protection cellulaire et au maintien de
l'équilibre hydrique. Le blé, quant à lui, a présenté une perturbation plus marquée de
ces indicateurs aux niveaux de salinité élevés, traduisant une capacité d'adaptation
plus limitée face au stress sévère.
Ces résultats confirment que les deux variétés disposent de mécanismes de
réponse au stress salin, mais que l'orge Var. Raihane se distingue par une capacité
d'adaptation plus importante et une réponse plus stable à travers les différents niveaux
de salinité, tandis que le blé dur Var. Simeto R2 présente une réponse stimulatrice
transitoire à salinité modérée, suivie d'une sensibilité nette à forte salinité. Sur cette
base, l'orge Var. Raihane peut être considérée comme un choix prometteur et plus
adapté à la valorisation agricole des zones touchées par la salinité en Algérie.