الخلاصة:
La présente étude a pour objectif la mise en évidence des facteurs prépondérants influençant
la régénération naturelle de Juniperus phoenicea L. dans la zone semi-aride de la région de
Djelfa située l’Atlas saharien central, situé dans (Algérie). Á partir de dix grandes stations
homogènes retenues, 100 placettes d’observation temporaires, au total, de 400 m² chacune ont
été prospectées selon un échantillonnage mixte (stratifié et systématique). Sur chaque placette,
des variables dendrométriques ont été mesurées (hauteur totale, hauteur dominante, densité et
surface cumulée des houppiers), auxquelles ont été associées des caractéristiques d’ordre
stationnel (altitude, exposition, pente, lithologie), et d’autres facteurs tributaires de la
structure de la végétation (première et deuxième espèce dominante, recouvrement global,
recouvrement par strate, éléments de la surface du sol).
L’analyse des données a mis en évidence, chez les populations de J. phoenicea, trois "types
écologiques" contrastés ; Les populations en extension, les populations auto-suffisantes et les
populations en déclin. Ainsi, l’Analyse des données démographiques par la table statique de
survie a montré que le renouvellement naturel pouvait être maintenu et que la taille de la
population reste à un certain moment à l’avenir. Le genévrier rouge peut se développer aussi
bien en plein lumière qu'à l'ombre, et la facilitation n'est pas le mécanisme principal de sa
régénération.
Les populations de genévrier rouge utilisent les bas versants et l’ubac du Djebel comme
refuges climatiques dans lesquelles elles bénéficient d’un apport hydrique. La régénération est
diminuée avec l'ampleur des attributs du peuplement, notamment la densité des peuplements,
la hauteur dominante et la surface de projection des houppiers ; elle est augmentée
proportionnellement avec la hauteur totale moyenne, la surface de projection des houppiers
dominante qui réaffirme son caractère héliophile. La densité de régénération maximale de
genévrier rouge a été observée chez les peuplements où la couverture de la canopée est
modérée entre 16% et 20 % et une densité de semenciers comprise entre 100 à 115 arbres/ha.
L’ambiance écologique, y compris la dynamique et la structuration indiquées par les espèces
dominantes, montrent que la meilleure régénération du Juniperus phoenicea correspond aux
groupements à Pin d’alep et à juniperaies pures. Grâce à l’endozoochorie, le Juniperus
phoenicea apparait comme une espèce ayant une mobilité spatio-temporelle pour conquérir de
nouveaux territoires plus adéquats aux changements globaux.
الوصف:
Sous un bioclimat semi-aride, les peuplements du genévrier rouge (Juniperus phoenicea
L.) de l’Atlas saharien central, souvent, impacté par une activité humaine abusive, fait l’objet
de la présente étude. En traitant l’impact des facteurs intrinsèques et extrinsèques sur la
régénération naturelle du genévrier rouge, nous pouvons conclure ce qui suit :
Les données recueillies sur l’état des lieux sur la régénération du genévrier rouge (densité
et structure) permettent de conclure :
La régénération naturelle se caractérise par une remarquable hétérogénéité intra et
inter-stationnelle. La densité moyenne de régénération des différents peuplements
étudiés est de 189.25±187,3 plantules/ha, elle oscille entre 0 à 900 plantules/ha ;
Les résultats reflètent la grande plasticité écologique de Juniperus phoenicea dans la
région d’étude (l’Atlas saharien central), qui persiste malgré les perturbations
humaines dans toutes les stations étudiées, accentuée par l'effet du stress abiotique. Il
garde toujours, au moins partiellement, sa niche écologique de régénération ;
Les populations étudiées de Juniperus phoenicea se trouvent dans trois "types
écologiques" contrastés ; Les populations en extension, les populations auto-
suffisantes et les populations en déclin. Le premier type comprend des populations
relativement jeunes, caractérisées par une densité de régénération élevée et un indice
de régénération de 2,2 à 3,8 juvéniles/adulte, dans lesquelles on assiste au
dépérissement du pin d’Alep qui cède la place au genévrier rouge. Le second type
englobe les populations matures avec un ratio (juvénile / adulte) équilibrés au
voisinage de 1. Ces juniperaies stables avec une régénération naturelle auto-suffisante
occupent les bas versants sur un sol calcaire. A la fin, les vieilles populations en déclin
dont indice de régénération ne dépasse guère 0,5 juvénile / adulte, leur persistance est
grâce principalement à sa durée de vie relativement longue, donc le déclin de la
population n'est pas immédiatement apparent, ces peuplements sans ressources, sont
soumis à des contraintes d’ordre physique (affleurement, sol gréseux), climatique
(exposition sud) et d’autres facteurs biotiques (résilience et compétition).
L’Analyse des données démographiques par tables de mortalité du genévrier rouge a
montré que le renouvellement naturel pouvait être maintenu et que la taille de la
population reste à un certain moment à l’avenir.
Les courbes de survie ont permis de conclure que la structure d’âge des peuplements
de Juniperus phoenicea avait tendance à être les 03 formes du courbe de survie de Deevey I, II et III selon la dynamique de la formation végétale considérée et les
conditions environnantes (exogènes et endogènes).
Le genévrier rouge peut se développer aussi bien en plein lumière qu'à l'ombre, et la
facilitation n'est pas le mécanisme principal de sa régénération. Les régénérations sont
abondantes sous l’abri de leurs arbres géniteurs dans la quasi totalité des stations
étudiées, favorisées par les microsites pédologiques engendrés sous les ligneuses.
Les conditions orographiques montrent un effet prononcé, entre autres, sur la régénération
du genévrier rouge, de telle sorte que:
Dans la tranche altitudinale 950-1550 m, l’altitude ne semble pas avoir d'impact
significatif sur la régénération de Juniperus phoenicea.
Le versant nord, plus frais et plus humide, est plus favorable à la régénération du
genévrier rouge que le versant sud (chaud et sec).
Les peuplements sur un sol calcaire avec une texture équilibrée et un bon bilan
hydrique se régénèrent mieux (238.7± 216.9 plantules/ ha) que ceux installés sur un
sol gréseux et marno-calcaire (113.3 ± 79,5 plantules/ ha et 90,6 ± 49,9 plantules/ ha).
La densité de régénération croit progressivement avec la baisse de la position
topographique. La densité moyenne maximale de régénération de Juniperus phoenicea
est observée dans les bas versants dans lesquels, le sol est profond et bien alimenté en
apport d’eau de ruissellement.
La meilleure densité de régénération est observée chez les peuplements reposants sur
l’unité géologique mp (Miocène supérieur et Pliocène) (p˂0.000061) riche en
éléments de forte rétention d’eau.
Les changements globaux apparaissent comme un obstacle aux habitats potentiellement
favorables au genévrier rouge, ce qui forcera ses populations à utiliser les bas versants et
l’ubac du Djebel comme refuges climatiques dans lesquelles elles bénéficient d’un apport
d’eau de ruissellement et de sol équilibré, profond et de bon bilan hydrique.
L’analyse des relations entre la régénération naturelle du genévrier rouge et les paramètres
dendrométriques, montrent que :
la régénération du genévrier rouge est diminuée avec l'ampleur des attributs du
peuplement, notamment la densité des peuplements, la hauteur dominante et la surface de
projection des houppiers ; elle est augmentée proportionnellement avec la hauteur totale moyenne, la surface de projection des houppiers dominante et le ratio juvénile/adulte. Ces
relations réaffirment le caractère héliophile du genévrier rouge.
La densité de régénération maximale du genévrier rouge a été observée chez les
peuplements où la couverture de la canopée est modérée entre 16% et 20 % et une densité
de semenciers comprise entre 100 à 115 arbres/ha.
Les résultats des paramètres phytoécologiques nous permettent de conclure que :
Vu la perturbation permanente des juniperaies par l’action anthropogène, aucune
corrélation significative entre le recouvrement de sous-bois des Juniperaies de toutes les
strates confondues et l’installation des nouveaux juvéniles du J. phoenicea.
Des effets significatifs ont été observés sur la densité de régénération du J. phoenicea,
avec une influence positive du taux de recouvrement de la litière par l’amélioration des
conditions de site (p < 0,05 ; r = 0.44) et une influence négative de recouvrement des
affleurements de roche mère par réduction de l’espace exploitable (p < 0,05 ; r = -0.4).
La potentialité et le pouvoir de régénération naturelle du genévrier rouge, sous l’effet de
l’ambiance écologique, y compris la dynamique et la structuration, indiqué par les espèces
dominantes, montrent que la meilleure régénération du J. phoenicea correspond aux
groupements à Pinus halepensis et à juniperaies pures. Elle s’avère être moyenne dans les
groupements à Olea europea; en revanche, elle est faible dans les groupements à
Quercus ilex et à Pistacia terebenthus.La pression anthropique, surtout le pacage, a un effet préjudiciable et annule la
potentialité de régénération, et met J. phoenicea et la diversité de sa communauté en menace
perpétuel dans des conditions précaires de survie. Les peuplements de J. phoenicea ont perdu
leur pouvoir de régénération naturelle au fil du temps due à la détérioration des
caractéristiques du sol forestier (pinèdes), accentues par l’activité anthropogène. Ce sol
apparait un lit optimal favorable à l’installation de jeunes individus.
L’étude de l’impact de la zoochorie dans la dispersion et la régénération du J.
phoenicea dans l’Atlas saharien central, nous permet de conclure ce que suit :
Les frugivores étudiés participent vivement à enlever la pulpe charnue (dépulper) des
graines de J. phoenicea considérée comme principale obstacle de leur germination.
Une variation dans la cinétique de la germination des graines ingérées par les frugivores se
traduit par la modification du modèle de germination des graines de J.phoenicea. Certes les frugivores n’affectent pas positivement le taux de germination de J.phoenicea,
mais la diversité spécifique de l’utilisateur (consommateur) de ses galbules comme source
nutritionnelle, leurs modes d’exploitation et de dissémination contribuent à l’hétérogénéité
des caractéristiques de germination des graines qui peuvent ainsi diversifier les habitats sur
lesquels s’installent les nouvelles plantules et conquièrent de nouveaux territoires plus
adéquats aux changements globaux. Donc, grâce à l’endozoochorie, le Juniperus
phoenicea apparait comme une espèce ayant une mobilité spatio-temporelle